Facebook, Twitter et YouTube luttent-il vraiment contre la haine sur internet ?
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Les grands réseaux sociaux luttent-ils réellement contre les messages de haine sur le net comme ils l’affirment ? Des associations françaises ont testé leur dispositif de modération.

Un test grandeur nature

Le test grandeur nature a été mené par SOS Racisme, SOS homophobie et l’UEJF, l’Union des Etudiants Juifs de France. Pendant 6 semaines, ils ont scruté les messages publics sur Facebook, Twitter et YouTube. Ils leur ont signalé 586 contenus racistes, antisémites, négationnistes, homophobes ou faisant l’apologie du terrorisme ou des crimes contre l’humanité.

L’initiative fait suite à des affaires qui avaient suscité l’émoi. Vous vous souvenez du hashtag #unbonjuif qui avait vu un déferlement de propos antisémites. C’était en 2012 et comme nous le disions ici à l’époque, on se serait cru revenu à la propagande anti-juive du régime de Vichy, version 2.0.

Des résultats peu convaincants

Le constat qui en était ressorti, c’était le manque de réactions des réseaux sociaux face à ce problème. Une des raisons, ce sont les différences entre les droits américain et européens. Finalement, il y avait eu des suites judiciaires et les plateformes s’étaient engagées à améliorer la situation.

Twitter a supprimé 4% des 205 contenus qui lui ont été signalés. Selon les associations, c’est de loin le réseau qui se conforme le moins à ses obligations légales et à ses propres conditions générales d’utilisation. Sur YouTube, 16 contenus haineux ont été retirés, sur 225 signalés, 7 %  du total. C’est à peine mieux Facebook a quant à lui effacé 34% des 156 contenus signalés. C’est davantage que les deux autres réseaux mais ce n’est quand même qu’un tiers des propos incriminés.

La conclusion de Sacha Reingewirtz

Un résultat très en deçà de leurs engagements, c’est ce qu’affirme Sacha Reingewirtz, le président de l’Union des Étudiants Juifs de France: « Cette étude démontre (qu’ils) n’ont toujours pas pris la mesure du travail à faire pour contrer les dynamiques de haine sur Internet ». Et ça ne concerne pas que quelques égarés. Il ajoute « Un grand nombre d’idéologues racistes, antisémites, négationnistes, homophobes ou sexistes profitent de (cette) caisse de résonance en sachant pertinemment que la plupart de leurs messages ne feront pas l’objet de poursuites, ni même d’un retrait» 

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