Ces Fintech qui révolutionnent la gestion déléguée de l’épargne !
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Le secteur des fintech connaît un dynamisme fort. Les fintech s’attèlent à dépoussiérer tous les services financiers : compte et carte bancaire à bas coût pour les particuliers et les professionnels (N26, Qonto etc.), virement bancaire instantané (Paypal), transfert de devise à l’international (TransferWise), solution de paiement (Stripe), prêt/crowdfunding (Homunity, Miimosa), etc. Ces sociétés proposent des solutions plus efficaces, plus simples et généralement moins chères que les solutions proposées par les acteurs traditionnels. Internet et l’usage généralisé du smartphone constituent évidemment un terreau fertile pour l’émergence de ces nouveaux services.

En matière de finance, de nouveaux acteurs se proposent désormais de gérer votre épargne. Yomoni, Nalo, Wesave, Grisbee, Mon Petit Placement, etc. Vous avez peut-être déjà entendu parler de ces sociétés, elles proposent une gestion plus simple et plus performante de l’épargne. Ces fintech viennent frontalement prendre des parts de marché aux banques, aux conseillers et gestion de patrimoine et aux sociétés de gestion traditionnelles. Techniquement, ces fintech se rémunèrent via des services de gestion déléguée de l’épargne. Avant d’aborder les spécificités des services proposés par ces fintech, faisons un rappel des caractéristiques de la gestion déléguée.

Qu’est ce que la gestion déléguée ?

La gestion déléguée (ou parle aussi de gestion pilotée) est un mode de gestion permettant de déléguer la gestion de tout ou partie de son patrimoine auprès d’un professionnel (banque, conseiller en gestion de patrimoine, courtier, assureur, etc.). Dans le cadre d’une gestion déléguée, l’épargnant donne mandat à une société de gestion pour prendre en main la gestion d’une enveloppe fiscale. Généralement, l’enveloppe fiscale utilisée est une assurance vie (voir le fonctionnement de l’assurance vie). Mais il est aussi possible de déléguer la gestion d’un compte-titres, d’un plan d’épargne en actions (PEA) ou d’un plan d’épargne retraite (PER).

Dans le cadre de cette gestion sous mandat, la société de gestion définit le profil de l’épargnant avant d’allouer le capital. Cela se passe généralement via une série de questions visant à déterminer les objectifs financiers de l’épargnant, notamment son horizon d’investissement et son profil de risque. A minima, les sociétés de gestion proposent 3 profils : sécurisé/prudent, équilibré, et dynamique. À chaque profil correspond une allocation de l’argent particulière. Typiquement, dans le cadre de la gestion pilotée d’une assurance vie, le gestionnaire modulera l’exposition entre d’un côté des fonds euro sécurisés (les fonds euro bénéficient de garanties sur le capital investi) et des supports plus dynamiques en unités de compte (fonds d’investissement, immobilier, etc.).

Dans le cadre d’un profil de risque sécurisé, le gestionnaire allouera une part importante des encours en fonds euro (60 à 90 %). À l’inverse, dans le cadre d’un profil dynamique, la société allouera essentiellement les encours sur des supports risqués mais aussi plus performants, en particulier des fonds d’investissement en actions. Les actions délivrent d’excellentes performances à long terme, mais sont davantage risquées. Leur forte volatilité expose à un risque de perte en capital. C’est la raison pour laquelle les profils d’investissement dynamiques ne sont recommandés que dans le cas d’investissement à long terme.

Les spécificités des fintech

Les services des fintech de la gestion de l’épargne s’illustrent par plusieurs points. Tout d’abord, et ce n’est pas une surprise, les fintech font le pari d’un service 100 % en ligne. Le service séduit les digital natives qui peuvent ouvrir un contrat en ligne sans formalité papier ni déplacement en agence. Du côté de la fintech, proposer un service en ligne permet des économies importantes. En particulier vis-à-vis des concurrents historiques tels que les banques de détail dont l’emprunt physique représente un coût important qui se répercute sur les tarifs de leurs services. En faisant le pari du 100 % en ligne, les fintech parviennent à proposer leurs services avec des frais de gestion plus faibles que les acteurs traditionnels. Le second intérêt de proposer une gestion en ligne est un quadrillage immédiat de tout le territoire français. Un atout bienvenue quand on est amené à déménager régulièrement, en particulier en début de carrière. Là où les conseillers en gestion de patrimoine sont encore perçus comme des acteurs locaux d’une ville ou d’une région.

Dans un souci d’efficacité autant que d’automatisation, les fintech telles que Yomoni et Nalo s’appuient sur la technologie des robo-advisors. Il s’agit d’algorithmes permettant d’automatiser différentes étapes de la gestion du portefeuille. Les fintech se différencient de leurs concurrents en proposant une plus grande variété de modes d’allocation des capitaux. Ainsi, certaines fintech ne se limitent pas à 3 profils de risque, elles proposent une personnalisation plus forte du profil de risque, avec le choix entre 10 profils et même davantage.

La performance de l’épargne est un critère décisif pour évaluer la qualité d’une gestion déléguée. La plupart des acteurs traditionnels alloue le capital des clients sur des fonds d’investissement classiques. Plusieurs fintech ont fait le choix d’investir sur des fonds indiciels, un pari gagnant puisque ces fonds délivrent d’excellentes performances. Pour comprendre la raison de ce succès, il est nécessaire d’expliquer la différence entre les fonds classiques et les fonds indiciels.

Les fonds classiques fondent leurs décisions d’investissement sur la base des travaux de leurs analystes financiers, lesquels cherchent à élaborer des stratégies et identifier les actions les plus performantes. En pratique, l’essentiel des fonds classiques peine à battre la performance des indices, notamment en raison des frais de gestion importants qu’ils commissionnent. Ces frais s’élèvent à près de 2 % en moyenne. À l’inverse, le principe des fonds indiciels repose sur une stratégie simple et peu coûteuse à mettre en œuvre : les fonds indiciels cherchent à répliquer la performance d’un indice boursier de référence. Une équipe resserrée de quelques ingénieurs financiers suffit à gérer ce type de fonds. Ainsi, les frais de gestion sont faibles, de 0,3 à 0,6 %. Parmi les fintech ayant recours aux fonds indiciels, on peut citer Yomoni et Nalo.

En limitant les couches de frais, les fintech promettent aux épargnants une performance de l’épargne proche de celle de la performance brute des marchés. Mieux encore, les stratégies d’allocation de ces certaines de ces fintech s’appuient sur des stratégies financières avancées dérivant de la théorie du portefeuille moderne (Markowitz, prix Nobel d’économie). Ces outils mathématiques permettent de déterminer l’allocation délivrant la performance optimale tout en limitant le risque (la volatilité) du portefeuille.

Mais attention, toutes les fintech proposant des gestions déléguées ne se valent pas. Certaines sociétés font preuve d’un manque de clarté quant à leur stratégie d’allocation et proposent des grilles de frais de gestion moins intéressantes que d’autres. Les épargnants auront intérêts à se renseigner et comparer les offres avant de choisir la société qui convient le mieux à leurs attentes.

Dernier point intéressant, certaines fintech permettent désormais une allocation 100 % ISR. Le label ISR (investissement socialement responsable) labellise les fonds d’investissement dont les investissements se concentrent exclusivement sur des entreprises dont les activités respectent un certain nombre de critères écologiques, éthiques et sociales. Une aspiration de plus en plus forte de la population.

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