FBI vs. Apple : le cryptage des communications fait-il le jeu des terroristes ?
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jeu des terroristes

Une déclaration choc relance le débat sur le cryptage des communications aux Etats-Unis. Si les terroristes n’avaient pas pu bénéficier de messageries cryptées, les attentats de Paris n’auraient “pas eu lieu”. C’est Michael Rogers, le directeur de l’Agence américaine de sécurité nationale, la NSA qui le dit. Selon lui, ce cryptage n’a pas permis aux services de renseignement de remonter les filières djihadistes.  

Des propos qu’il faut replacer dans leur contexte. La NSA n’a jamais son recadrage, pourtant limité, décidé par l’Administration Obama  suite aux révélations d’Edgar Snowdon. Depuis lors, ses responsables tentent de reprendre la main.

Ces déclarations interviennent aussi alors qu’un bras de fer oppose  la Justice américaine et la firme Apple. Petit retour en arrière pour comprendre. Le 2 décembre dernier, une fusillade éclate dans un centre social à San Bernardino près de Los Angeles en Californie. Il y a 14 morts et 21 blessés. 

Pour les besoins de l’enquête, la Justice demande à Apple de fournir au FBI le moyen d’accéder au contenu de l’iPhone d’un des terroristes qui a été abattus.

Ce qui revient à demander à Apple de pirater un de ses propres appareils, parce que sur les iPhones récents, le mot de passe de l’utilisateur est conservé en local, dans l’appareil. Apple ne le connaît pas. 

Refus catégorique de Tim Cook CEO d’Apple qu’il explique dans « un message important à ses clients » publié sur son site « Le FBI nous demande de fabriquer une nouvelle version de notre système d’exploitation pour contourner des mesures de sécurité importantes. Entre de mauvaises mains, il  permettrait de débloquer n’importe quel iPhone. Cela reviendrait à créer une porte arrière secrète, et même si le gouvernement promet qu’elle ne serait utilisée que dans ce cas-ci, nous n’en avons aucune garantie ».

En d’autres mots, ce piratage pourrait être reproduit à l’avenir et pas seulement par la Justice. C’est la conviction de Tim Cook. Il n’est pas seul. Il a reçu le soutien du patron de Google Sudar Pichai, du fondateur de Whatsapp et d’un lobby des entreprises du web dont fait partie Microsoft. C’est donc l’union sacrée.

En pleine campagne, le débat prend une tournure politique. Donald Trump a déclaré hier à propos d’Apple : « Mais pour qui se prennent-ils ? »

Et qu’est est-il chez nous et en Europe? Le problème est aussi posé. En aout 2015 déjà, Le procureur de la République de Paris, François Molins avait cosigné une tribune dans le New York Times pour dénoncer ce cryptage qui, je cite, « bloque le travail de la Justice ».

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